Les chiffres sont têtus : vivre de ses dessins, c’est possible. Mais ce n’est jamais un hasard, ni une suite d’opportunités tombées du ciel. Amylee, artiste et entrepreneuse, le prouve depuis des années en bâtissant patiemment un parcours où passion rime avec méthode.
Je suis heureux de recevoir Amylee une fois de plus sur ConseilSmarketing.com
Depuis 2007, Amylee Paris, peintre, consultante et « artrepreneur », partage son énergie entre ses galeries, ses collectionneurs et l’accompagnement des artistes qui veulent professionnaliser leur démarche. Elle ne se contente pas de créer : elle transmet, elle éclaire, elle propulse d’autres créateurs sur le chemin de l’autonomie artistique.
Amylee lit régulièrement Marketing Advice et suit l’Académie de Marketing Star, toujours en quête d’astuces concrètes pour faire rayonner l’art et ceux qui le portent.
Pour la petite histoire, notre première rencontre avec Amylee et The ManUer (Gilles, son mari) remonte à 2008 lors d’un rassemblement de blogueurs à Paris. Elle venait d’ouvrir son blog, curieuse de tout ce qui pouvait l’aider à maîtriser les outils numériques.
Deux ans plus tard, je lui ai proposé une interview sur le thème : comment percer sur le web quand on est peintre ? En 2018, nouvelle discussion, avec un focus sur les évolutions digitales qui comptent pour celles et ceux qui veulent vivre de leurs tableaux.
Vous trouverez à la fin une vidéo de 40 minutes : j’y commente l’interview, avec un éclairage marketing appliqué à la réalité des artistes.
Voici, en résumé, les thématiques abordées dans cet entretien :
- Présentation d’Amylee, à la fois artiste et accompagnatrice de créateurs
- Définition de l’« artrepreneur »
- Les 7 signes qui distinguent un artiste-entrepreneur
- Comment concilier communication et création artistique ?
- Cinq bonnes pratiques sur les réseaux sociaux pour faire connaître son travail
- Stratégies concrètes pour vendre plus d’œuvres via le web et les réseaux
- Les erreurs fréquentes à éviter pour se professionnaliser
- Présentation des rendez-vous en ligne proposés sur amylee.fr
- Où retrouver l’actualité et les œuvres d’Amylee ?
- Les projets à venir
- Réflexions sur le fait de vivre de son art (extraits vidéo)
1, Amylee, pouvez-vous vous présenter, à la fois en tant que peintre mais aussi comme consultante d’artistes ou de créateurs ?
Bonjour Fred, comme tu l’as précisé, je vis de la peinture depuis 2007.
C’est une chance immense de pouvoir transformer sa passion en métier et d’en vivre.
Mon travail s’expose dans plusieurs galeries au Royaume-Uni (Wyecliffe Gallery, Breeze Art Gallery) et en Autriche (Lendnine Gallery).
Bien sûr, une grande partie de mon activité se joue aussi en ligne : mon portfolio, mon blog, devenu un véritable magazine sur amylee.fr, et les réseaux sociaux servent de vitrine à mon univers.
Contrairement à beaucoup de blogs d’artistes focalisés sur les techniques ou les pigments, j’ai choisi de partager :
- mon art et mon métier,
- mes rencontres professionnelles,
- mes coups de cœur matériels,
- les méthodes qui me servent à exposer, vendre, communiquer et, surtout, à éviter certains pièges dans lesquels je suis parfois tombée.
En 2016, j’ai eu envie de transmettre mon expérience à d’autres artistes en quête de réponses concrètes. C’est là que sont nés les rendez-vous en ligne, pour accompagner ceux qui cherchent à structurer leur démarche. Peu à peu, j’ai endossé le rôle de consultante. Avec ma patte, forcément colorée.
2, Pouvez-vous définir ce qu’est pour vous un artrepreneur ?
Tous les artistes n’ont pas l’état d’esprit de l’artrepreneur, mais chaque artrepreneur cultive une vraie fibre créative.
La bonne nouvelle ? Ça s’apprend et ça se travaille !
On croise de plus en plus de profils « artrepreneurs » parmi les créateurs (peintres, sculpteurs, photographes…) qui structurent leur activité comme une entreprise.
Instagram en offre une illustration éclatante : rien n’est laissé au hasard, la communication y est construite, régulière, attractive.
Pour reprendre les mots de Jérôme HOARAU sur why-enterprise.fr : « un artrepreneur est une personne créative qui ose avec sa tête (action), crée avec son cœur (passion) et s’investit avec ses tripes (intuition), ayant la volonté d’utiliser toutes les ressources à sa disposition pour développer son activité et sa réputation ». J’ajouterais : et pour affirmer sa valeur.
Les artistes ont parfois du mal à se valoriser, surtout sur le plan financier. Ils se sous-estiment souvent.
D’où la nécessité de travailler son auto-marketing pour donner à ses œuvres, et à soi-même, la place méritée.
3, Quels sont pour vous les 7 signes qui montrent qu’un artiste est un artrepreneur ?
Voici, sans détour, ce qui caractérise un artiste-entrepreneur :
- Goût pour l’autonomie
- Un mentor fait souvent la différence : échanger avec une personne expérimentée, dialoguer entre pros, c’est précieux pour comprendre les codes du métier.
- Passion entretenue
- L’artiste se remet en question, s’interroge sur son art, son marché, ses outils… Il met ses émotions dans ses œuvres et y trouve du plaisir. Sans plaisir, on baisse vite les bras.
- Ambition assumée
- Capacité à présenter son art et soi-même avec assurance
- Persévérance, résistance aux obstacles ou aux critiques
- Fixer des objectifs aide à traverser les doutes et à arbitrer ses choix.
- Conscience du décalage entre l’idée et la réalisation
- Se fixer des délais concrets permet d’éviter la procrastination ou le perfectionnisme excessif. Un planning détaillé aide à structurer ses priorités.
- Appétit d’apprendre
- Pour sortir du lot sur Internet, il faut sans cesse acquérir de nouvelles compétences, enrichir sa technique et adapter ses idées à son évolution professionnelle.
On ne se limite pas à la création : savoir endosser le rôle de l’entrepreneur fait toute la différence.
Petit conseil : chaque soir, prendre cinq minutes pour noter dans un carnet cinq choses positives de la journée (un commentaire, une petite victoire…). Cette routine simple fait grimper l’optimisme et la motivation. Les détails de cette méthode sont à retrouver sur mon blog.
4, On demande de plus en plus aux artistes de communiquer… Comment concilier cela avec l’autre partie du travail qui exige créativité et temps ?
Pour s’épanouir et bien travailler, chaque artiste doit trouver une organisation qui lui est propre.
Chacun sa méthode, chacun son rythme. Pour ma part, mon organisation a beaucoup évolué.
J’ai un temps pratiqué la méthode 50/50 : la matinée dédiée à la communication, l’après-midi à la peinture ou au dessin.
- Le matin, je me concentrais sur mes contenus, mes échanges.
- L’après-midi, je retrouvais l’atelier.
Mais cette formule montrait vite ses limites. Au fil du temps, j’ai constaté que regrouper mes journées par blocs thématiques (peinture trois jours d’affilée, communication ou rédaction deux jours) me rendait plus efficace et moins stressée.
J’accorde aussi des temps dédiés à moi-même, à des rituels pour évacuer les pensées parasites.
Le mental n’est pas toujours un allié pour l’artiste : savoir lui faire taire, de temps en temps, c’est salutaire.
Le sport et la méditation sont d’excellents outils pour retrouver un esprit libre.
5, Quelles sont les 5 meilleures pratiques pour utiliser les réseaux sociaux pour devenir peintre ?
Autrefois, l’artiste créait dans l’isolement ; aujourd’hui, tout passe par l’écran.
L’Internet a transformé la vie des artistes : accès à l’information, visibilité, lien direct avec le public…
La présence sur les réseaux sociaux tels que Facebook, LinkedIn ou Instagram est devenue incontournable pour saisir les opportunités.
Voici ce qu’il faut garder en tête pour bien utiliser ces outils :
- Soigner sa communication, publier régulièrement et actualiser les informations : photos, vidéos, actualités sur les œuvres et sur l’artiste.
Sur Facebook, l’outil statistique intégré permet d’identifier les formats et contenus qui fonctionnent le mieux : images, vidéos, selfies, scènes d’atelier, tableaux en plein écran…
La vidéo devient incontournable, qu’il s’agisse de formats courts capturés au smartphone ou de montages plus élaborés. Par exemple, j’ai publié une vidéo montrant l’élaboration d’une de mes œuvres : cela suscite toujours l’enthousiasme.
Côté texte, la simplicité paie : des messages courts, positifs, motivants, sans polémiques ni plaintes, sont les plus appréciés. Quant au timing, le lundi et le jeudi, entre 7h et 9h, à la pause déjeuner ou en soirée, donnent souvent les meilleurs résultats.
- Interagir avec sa communauté : répondre aux commentaires, lancer des concours, accueillir les critiques ou les questions…
- Planifier ses publications pour mieux gérer son temps.
- Tenter le direct (Facebook, YouTube ou Instagram) : une façon très efficace de créer du lien. On peut toujours retirer la vidéo si le rendu ne satisfait pas.
- Allouer un budget publicitaire (lorsque c’est possible) pour booster la visibilité d’un événement ou d’une actualité, en ciblant précisément son public.
Instagram est LE réseau visuel à privilégier en complément de Facebook.
C’est l’endroit idéal pour montrer ses toiles, ses expos, son atelier. Pour aller plus loin, le guide « Optimisez votre Artist Instagram » détaille comment tirer parti de ce réseau au maximum :
Astuce qui fait mouche : pour chaque commande, j’ajoute une carte dessinée à la main. Un geste simple qui crée une émotion, renforce le lien et montre la dimension humaine de l’artiste.
6, Comment vendre plus d’œuvres artistiques via le web et en particulier via les réseaux sociaux ?
Il existe de nombreuses pistes, mais aucune formule magique : la concurrence est rude.
Les ventes dépendent de la notoriété, de l’animation de la communauté, de la communication, du positionnement prix, du contexte d’achat…
Un exemple concret : la période précédant Noël favorise les achats impulsifs.
- Disposer d’un site, d’un blog ou d’une page Facebook : des supports clés pour présenter ses œuvres. La page Facebook, plus vivante, permet de montrer le processus de création et de tisser un lien fort avec les internautes. Ma propre page compte plus de 10 000 fans et me permet de garder le contact avec clients et partenaires.
- Constituer un catalogue d’œuvres disponibles (photos nettes, bien éclairées) accessible via Dropbox, boutique en ligne, site personnel ou plateforme spécialisée (comme SaatchiArt).
- Partager l’actualité de ses expos ou galeries. Par exemple, une de mes œuvres est passée à la télévision dans « La maison » sur France 5 : j’en ai parlé sur mon blog, dans la « Revue de Presse ». Ce type de reconnaissance rassure les acheteurs potentiels.
- Inviter ses contacts à des événements ou ventes spéciales par e-mail. Collecter et structurer les adresses mails rencontrées, proposer aux visiteurs du site de s’abonner…
- Harmoniser les prix publics. Les différences de tarif entre galerie, atelier ou web se repèrent vite et nuisent à la confiance.
- Mettre en avant les témoignages de clients satisfaits. On peut les publier sur son site ou sa page Facebook (toujours avec l’accord de la personne concernée).
- Utiliser une plateforme de vente comme SaatchiArt pour toucher conservateurs et collectionneurs.
- Proposer des créations sur-mesure.
7- Quelles sont les erreurs les plus courantes à ne pas reproduire quand on veut devenir peintre professionnel ?
- Rester dans l’attente, sans passer à l’action.
- Quand une idée germe, il faut la concrétiser. Un talent se travaille, un projet se lance.
- Adopter une posture défaitiste ou se plaindre
- Attitude trop fréquente sur certains forums ou groupes d’artistes.
- Se présenter à l’improviste dans une galerie, portfolio sous le bras
- Éviter l’effet « Me voilà, tout est prêt, ouvrez-moi ! »
- S’isoler et fuir les rencontres entre artistes
- Ces moments sont pourtant sources d’inspiration et d’échanges stimulants.
- Oublier de formaliser un dépôt lors d’une exposition
- Il est capital de garder des traces écrites pour chaque événement ou collaboration.
- Ne pas déclarer ses ventes
- Être peintre, c’est une activité professionnelle : il y a des droits, mais aussi des obligations.
8/ Pouvez-vous nous parler des rendez-vous en ligne proposés sur amylee.fr ?
Être artiste professionnel, c’est conjuguer créativité, technique, organisation et accès à des sources fiables d’information.
Beaucoup avancent plus vite en s’inspirant du parcours d’autres artistes.
Les échanges avec un professionnel, qu’il joue le rôle de mentor ou de coach, sont souvent décisifs.
L’expérience accumulée, quand elle est partagée, permet d’éviter beaucoup d’erreurs et de gagner du temps.
C’est dans cet esprit que j’ai mis en place, depuis 2016, des rendez-vous en ligne (en visio ou par téléphone) pour accompagner les artistes ou toute personne désireuse de progresser.
Ces entretiens, de 30, 60 ou 120 minutes, permettent de répondre à des questions précises, d’orienter, d’éclairer, qu’il s’agisse de choisir où exposer, d’approcher une galerie, de rédiger un texte de présentation, ou de structurer un portfolio. Chaque demande est traitée de manière personnalisée.
9/ Pour les fans de votre travail comme moi, pouvez-vous nous donner vos liens pour suivre vos actualités, vos tableaux, vos articles ?
Merci Fred ! Je te retourne le compliment : j’apprécie beaucoup tes articles également.
- Le Portfolio amylee.paris, J’y partage nouveautés, peintures, adresses de galeries. C’est le canal idéal pour les professionnels qui souhaitent en savoir plus sur mes œuvres.
- Le magazine amylee.fr, Deux nouveaux articles par semaine sur la profession de peintre, les outils indispensables, l’organisation de l’atelier, l’inspiration, les rendez-vous en ligne et les stratégies pour gagner en visibilité.
Tous ces outils me servent également pour ma propre communication.
- Les réseaux sociaux, On me retrouve sur facebook.com/amyleeparis pour suivre mes coulisses artistiques. Mon twitter @amyleeparis s’adresse à ceux qui s’intéressent à l’actualité de l’art et aux ressources professionnelles (extraits d’amylee.fr, partages d’autres blogs d’artistes). Sur Instagram @amyleeparis, je publie des photos en continuité avec Facebook, mais dans un fil plus harmonisé. Et bien sûr, il y a aussi Pinterest, YouTube, etc.
10- Quels sont vos projets d’avenir pour cette année ?
Côté portfolio :
- Lancement prévu d’une vidéo sur mes tableaux à la rentrée.
- Création de nouvelles œuvres pour mes galeries, renouvellement du stock d’atelier, commandes personnalisées.
- Un projet vidéo supplémentaire en préparation : YouTube m’attire de plus en plus.
Côté écriture :
- Publication prochaine de nouveaux articles sur amylee.fr, poursuite de beaux partenariats, et peut-être d’autres à venir.
- Un livre blanc est en cours d’élaboration.
- Écrire reste une envie profonde ; si une maison d’édition souhaite collaborer avec une artiste artrepreneur, je suis ouverte à la discussion.
Quelques conseils supplémentaires pour les créateurs :
- Des rendez-vous en ligne à venir pour accompagner et répondre aux questions des artistes.
- Un projet collaboratif passionnant se prépare… mais c’est encore secret pour l’instant.
Voilà la feuille de route en cours. Et qui sait, de nouvelles idées ou collaborations pourraient bien surgir en chemin.
Comment vivre de son art ? Quelques commentaires supplémentaires en 40 minutes de vidéo
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