En France, le terme « Mastère » ne correspond à aucun diplôme national reconnu par l’État, contrairement au Master, encadré par une réglementation stricte. Pourtant, de nombreux établissements privés continuent d’utiliser l’appellation « Mastère » ou « Mastère Spécialisé » pour des formations de niveau bac+5 ou bac+6, semant souvent la confusion auprès des candidats.
Le MBA, diplôme d’origine anglo-saxonne, s’inscrit dans une autre logique académique et professionnelle, tandis que le Mastère Spécialisé, délivré par la Conférence des Grandes Écoles, obéit à des critères spécifiques et distincts du Master universitaire. Ces différences impactent directement la reconnaissance sur le marché du travail et l’accès à certaines fonctions.
Comprendre les grands diplômes de l’enseignement supérieur : master, mastère, MS et MBA
Impossible de s’y retrouver d’un simple coup d’œil : les diplômes de l’enseignement supérieur en France affichent une diversité d’intitulés qui brouille souvent les repères. Le master, véritable diplôme national délivré par les universités ou quelques écoles accréditées, arrive après la licence (bac+3) et respecte le cadre du LMD (licence-master-doctorat). Sur deux années, les étudiants franchissent le cap du bac+5, valident 120 crédits ECTS et se voient offrir deux options majeures : le master recherche, tourné vers l’analyse et l’innovation scientifique, ou le master professionnel, qui prépare à intégrer directement le marché de l’emploi.
Face à lui, le mastère, sans valeur nationale, désigne des formations de spécialisation proposées principalement par des écoles de management ou d’ingénieurs. Durée, organisation, contenu : chaque établissement fixe ses propres règles. À ne pas confondre avec le mastère spécialisé (MS), label attribué par la Conférence des grandes écoles (CGE), qui cible principalement les titulaires d’un bac+5 ou les professionnels en transition de carrière. Le MS s’attache à répondre à des besoins précis du marché, et sa reconnaissance tient à la réputation de l’école qui le porte.
Autre acteur majeur : le MBA (Master of Business Administration), formation d’origine anglo-saxonne, convoitée par les cadres expérimentés. Centré sur le management, la gestion et le leadership, le MBA impose une pédagogie concrète, souvent internationale, qui séduit les profils déjà aguerris. Le choix entre ces cursus dépend avant tout de l’orientation professionnelle, du niveau d’études atteint et de l’ambition de chacun. Entre diplômes universitaires et titres d’écoles, chaque voie trace une trajectoire singulière dans un paysage de l’enseignement supérieur en mouvement constant.
Pourquoi ces intitulés se ressemblent-ils autant ? Démêler les origines et les spécificités
Entre master et mastère, la ressemblance n’est qu’apparente. L’origine du flou se trouve dans l’histoire de l’université française et dans l’influence, croissante ces dernières décennies, des modèles venus d’ailleurs. Le grade de master fait figure de référence depuis la réforme LMD, harmonisant les cursus pour faciliter la mobilité et la reconnaissance au sein de l’espace européen. Seules les universités et quelques écoles accréditées peuvent délivrer ce diplôme national.
Le mastère, lui, débarque dans les années 1980, porté par la volonté des écoles d’ingénieurs et de management de proposer des spécialisations pointues hors du carcan académique. Pas de reconnaissance nationale : chaque établissement définit ses critères. Pour clarifier le niveau, la Conférence des grandes écoles (CGE) crée le mastère spécialisé (MS), qui n’est pas un grade universitaire mais un label de qualité. Le label CGE récompense le sérieux académique et l’adéquation avec les attentes professionnelles, mais ne garantit pas l’équivalence d’un master.
Ce choix d’intitulés traduit aussi la volonté des écoles de se démarquer dans une compétition accrue pour attirer les meilleurs profils et séduire les recruteurs. Pour y voir plus clair, voici les différences principales :
| Intitulé | Institution délivrante | Reconnaissance nationale | Label qualité |
|---|---|---|---|
| Master | Université / école accréditée | Oui | Diplôme national |
| Mastère spécialisé (MS) | École membre de la CGE | Non | Label CGE |
On le constate, la proximité des termes s’explique par des échanges permanents entre universités et grandes écoles, chacun cherchant à valoriser ses formations. Mais derrière le mot, la réalité diffère : diplôme national ou simple label, chaque formule a ses codes et ses exigences.
Master, mastère, MS, MBA : quelles différences concrètes sur le contenu, la reconnaissance et les débouchés ?
Les intitulés abondent, mais lorsque l’on s’intéresse au contenu et aux perspectives, tout se précise. Le master, diplôme universitaire reconnu par l’État, propose deux années structurées après la licence avec un programme académique dense. Au bout du cursus, 120 crédits ECTS et la possibilité de poursuivre en doctorat. Deux grandes voies s’offrent à l’étudiant : une orientation vers la recherche, ou une spécialisation professionnelle pour accéder rapidement à un métier qualifié. Les masters professionnels offrent souvent la possibilité de l’alternance, facilitant l’entrée sur le marché du travail. Les masters recherche, eux, préparent à la poursuite d’études et aux concours de l’enseignement supérieur.
Le mastère spécialisé (MS), créé pour répondre à des besoins très ciblés, s’adresse avant tout à ceux qui ont déjà un bac+5 ou une expérience professionnelle solide. Sur une année, il permet de se spécialiser dans un domaine précis et de renforcer son expertise. Il ne donne pas accès à un diplôme national, mais le réseau de l’école et le label CGE peuvent faire la différence dans certains secteurs.
Quant au MBA, il cible surtout des cadres ou jeunes diplômés venus du monde entier. Sa force : une pédagogie axée sur la stratégie managériale, l’international et les études de cas. La valeur du MBA se mesure à la réputation de l’école qui le délivre, avec des écarts notables selon les établissements.
Selon la voie choisie, les débouchés, la reconnaissance et le public visé changent du tout au tout. Pour certains, le master est le passeport vers la recherche ou l’enseignement ; pour d’autres, le mastère spécialisé ou le MBA répondent à la volonté de se réorienter ou d’accélérer une carrière déjà lancée.
Comment choisir le diplôme le plus adapté à vos ambitions professionnelles ?
Opter pour un diplôme de niveau bac+5 engage une trajectoire. Le choix entre master, mastère spécialisé ou MBA dépend de la finalité recherchée et de la maturité du projet professionnel.
Si la recherche, l’enseignement supérieur ou l’accès au doctorat figurent parmi vos priorités, le master universitaire s’impose. Ce diplôme national, reconnu dans toute l’Europe, atteste de 120 crédits ECTS et ouvre l’accès à de nombreux concours ou écoles doctorales. Les universités structurent le parcours en deux années, combinant théorie, travaux dirigés et stages de longue durée.
À l’inverse, ceux qui souhaitent acquérir une spécialisation pointue ou qui envisagent un tournant dans leur carrière s’orienteront volontiers vers le mastère spécialisé (MS). Ce format court, dispensé par les grandes écoles membres de la CGE, mise sur la proximité avec les réalités de l’entreprise et les besoins du marché. Il cible les diplômés déjà titulaires d’un bac+5 ou les cadres confirmés, venus chercher une compétence spécifique en management, numérique ou ingénierie.
Avant de trancher, il convient de peser plusieurs critères : la reconnaissance du diplôme visé, le réseau de l’établissement, le format pédagogique (présentiel, alternance, formation continue) ou encore l’ouverture à l’international. Pensez à solliciter l’avis d’anciens étudiants, à examiner les taux d’insertion ou à comparer les accréditations. L’alignement entre la formation choisie et l’objectif professionnel doit rester le fil conducteur, que vous optiez pour un master délivré par une université ou un mastère spécialisé porté par une école.
Au moment de faire un choix, gardez en tête qu’au-delà du nom affiché, c’est la cohérence entre votre projet et le contenu du cursus qui pèsera dans la balance. Sur le papier, les intitulés se ressemblent ; sur le terrain, chaque parcours dessine sa propre trajectoire.


