Réussir sa candidature à une offre de poste sans stress

Beaucoup d’entre vous nous ont rejoint après l’opération un outil de recherche par jour. Donc, votre question la plus récurrente était : allez-vous faire une liste de sites d’emploi ?

En réalité, dès qu’on pense à la recherche d’emploi, on imagine la litanie des offres publiées partout. Cette association automatique, pourtant, mérite d’être remise en cause. C’est pour cela que je préfère ne pas vous donner de liste de sites ou d’annonces à surveiller. Explications, point par point.

1) Les offres d’emploi, une affaire de hasard

Un même CV, envoyé deux fois à la même annonce, à quelques heures d’écart, peut recevoir une réponse positive ou tomber dans les oubliettes. Ce n’est pas un mythe, c’est le quotidien. Pourquoi ? Parce que les services RH se retrouvent submergés par des dizaines, parfois des centaines de candidatures dès qu’une annonce sort.

Quand une entreprise poste une offre et reçoit 100 CV, il n’est pas rare que la moitié, voire plus, ne colle pas du tout au profil recherché. Les recruteurs cherchent alors la perle rare au milieu d’un amas de candidatures qui n’ont parfois aucun lien avec le poste.

Pas question ici de s’apitoyer sur le sort des recruteurs : c’est leur job. Mais il vaut mieux avoir cette réalité en tête. Personnellement, l’idée que mon avenir dépende de la chance me hérisse le poil. Pas vous ? (Pour aller plus loin, lisez mon article sur le sujet.)

2) Publier une annonce coûte cher (et tout le monde ne le fait pas)

On l’oublie souvent : mettre en ligne une offre d’emploi, ça coûte à l’entreprise. Sur Monster, par exemple, publier une annonce revient à 740 €.

Résultat : une entreprise qui peut recruter en interne ou par cooptation s’en dispense volontiers. Les petites structures, elles, préfèrent souvent éviter ces frais. Autre réalité : rédiger une annonce, beaucoup de recruteurs rechignent à la tâche, ils traînent. Du coup, l’absence d’annonces dans un secteur, une région, ou pour une fonction donnée n’indique en rien qu’aucun poste n’existe.

3) À l’apparition de l’annonce, la course a déjà commencé

Le moment où vous découvrez une offre, celui où elle vous parvient, le processus est souvent déjà enclenché. Avec un peu de chance, vous n’êtes pas trop en retard, mais ce n’est jamais parfaitement calé. L’idéal ? Candidater juste avant que le besoin ne soit officialisé, pas juste après.

Autrement dit, vous voilà placé en situation défavorable : la concurrence s’accumule, la fenêtre de tir se réduit. À l’inverse, si vous anticipez, vous vous positionnez quand la concurrence est quasi inexistante. Alors, toute la dynamique change.

4) Les annonces sont souvent bâclées

J’ai tenté l’expérience : taper « offre d’emploi » sur Google, prendre la première venue. Jugez par vous-même :

Dans le cadre de notre développement, nous recrutons un assistant administratif et commercial en interne. Nous vous proposons de découvrir un environnement professionnel très excitant et de vous accompagner pour acquérir une bonne maîtrise des techniques commerciales internes. Par conséquent, vos missions sont basées sur les axes suivants :, Fichiers de prospects éligibles, Identifier les perspectives de développement de la base de données d’entreprise existante, Prospection téléphonique et porte à porte, Rendez-vous et rapports hebdomadaires, Insertion de données dans CRM System, Surveillance des dossiers clients

Et ce n’est pas terminé :

Profil : Vous avez un fort potentiel commercial que vous voulez mettre en œuvre en vous engageant dans un stage enrichissant dans un domaine humainement passionnant. Vous avez une bonne présentation et avez d’excellentes compétences en communication orale et écrite. Proactif et persistant, vous voulez faire face à de nouveaux défis. Cette opportunité est ouverte à tous types de stages (BTS, DUT, L3…) ou en alternance. Maîtrise requise des outils de bureau : Word, Excel, PowerPoint. Poste situé à Paris et IDF. Cette mission pourrait éventuellement conduire à un recrutement permanent. Pour postuler à ce poste, soumettez votre CV.

Vous êtes encore éveillé ? Rien à rajouter. Le besoin n’est pas clair, la rédaction laisse à désirer. Impossible de juger si l’on colle vraiment au poste. Et franchement, tout le monde mérite mieux que ce genre de lecture. On y perd du temps et de l’énergie.

5) Une jungle de sites, des annonces à foison

En France, on compte plus de 150 sites différents consacrés à l’emploi. Difficile de s’y retrouver : pas étonnant que la question de la liste revienne si souvent.

Voici les pièges fréquents dans cette abondance :

  • On se disperse : on veut s’inscrire partout, surveiller chaque portail, au lieu de cibler deux ou trois plateformes et de les utiliser à fond.
  • On tombe sur des annonces bidon : certaines sociétés publient juste pour constituer un vivier sans réelle intention de recruter.
  • D’autres postent des annonces « vitrine » pour donner l’illusion d’embaucher.
  • Il y a aussi les annonces obsolètes, jamais retirées, qui continuent de circuler.

6) Répondre aux annonces, un chemin vers la démotivation

Chaque personne rencontrée qui s’est concentrée sur les annonces finit découragée. C’est quasiment systématique. Répondre à des offres, c’est souvent comme être invité à une fête bondée où seuls cinq invités entrent, les autres restent sur le trottoir. C’est violent, et ça use.

Dès que j’explique ce mécanisme, j’observe le même soulagement : non, ce n’est pas vous qui êtes « nul », c’est la méthode qui broie les énergies. Il est normal d’être démoralisé en accumulant des réponses muettes.

Les recruteurs, submergés, ne répondent presque jamais aux candidatures spontanées reçues via les annonces. Ce n’est pas une plainte : c’est une réalité de volume. À chaque silence, la confiance s’érode, l’énergie s’étiole, jusqu’à l’épuisement complet.

Pire encore : la fatigue se lit, l’assurance s’effrite. Et plus le découragement se voit, moins les employeurs ont envie de donner suite. L’effet boule de neige est redoutable. La spirale peut devenir infernale.

7) Le CV, seul critère de sélection

En répondant à une annonce via les canaux classiques, tout repose sur le CV, accompagné d’une lettre de motivation. C’est tout. Dix secondes pour convaincre. Mais soyons honnêtes : pour la plupart des candidats, ce document ne reflète pas tout ce qu’ils sont.

Le pire ? Votre CV arrive sur le bureau d’une personne qui ne vous connaît ni d’Ève ni d’Adam, n’a jamais entendu parler de vous, ne sait rien de ce qui fait votre singularité. Cela ne fait que renforcer l’effet de loterie évoqué plus haut.

Pour aller plus loin

Pour ceux qui aiment les chiffres, le résumé de cette étude sur le nombre de postes pourvus via annonce risque de vous secouer. Les données sont révélatrices.

Mais alors, comment sortir du piège ? Ne consacrez pas tout votre temps à répondre aux annonces : investissez plutôt dans le contact humain. Rencontrez les proches de vos proches, contactez l’entreprise qui vous attire même si elle n’a pas d’annonce, proposez un café à un professionnel du secteur… Les chemins de traverse offrent souvent plus de chances que la voie balisée des plateformes d’emploi.

Envie d’agir tout de suite ? Cet article peut vous servir de point de départ :

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En définitive, la recherche d’emploi ne se réduit pas à une chasse mécanique aux annonces. L’avenir appartient à ceux qui osent sortir discrètement du peloton et aller frapper à la porte, avant même que celle-ci ne s’ouvre officiellement.

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