Une équipe ne s’élève pas par hasard et, parfois, le management ressemble davantage à un terrain miné qu’à une autoroute vers la réussite. D’après Catherine Bertin, consultante et coach spécialisée en psychologie du travail chez CSP, certains pièges guettent celles et ceux qui prennent les rênes d’une équipe pour la première fois, et il vaut mieux les connaître avant de s’y brûler les ailes.
« Quels pourraient être les principaux facteurs qui pourraient transformer un décollage de direction en accident de gestion ? Selon Catherine Bertin consultante, coach et formatrice spécialisée en psychologie du travail chez CSP, il y a 9 comportements à éviter pour réussir son poste de gestionnaire.
Les 9 attitudes à éviter pour avancer sereinement dans ses débuts de manager
Voici les écueils les plus courants qui guettent les nouveaux managers, et qu’il vaut mieux identifier pour s’en préserver :
1) Confondre vitesse et précipitation : En débarquant, certains veulent agir à toute allure, persuadés d’avoir la solution à chaque problème. Résultat : on bouscule les équipes, on saute sur les chantiers sans prendre le temps de comprendre les enjeux. Un management efficace commence pourtant par l’écoute et l’observation, pas par la précipitation.
2) Croire qu’il faut tout faire soi-même : Difficile de lâcher prise lorsque l’on vient d’être nommé. Pourtant, s’accrocher à chaque dossier, surveiller chaque détail et refuser de déléguer, c’est le meilleur moyen de s’épuiser tout en bridant les compétences de son équipe.
3) Éviter le dialogue : Décider en solo, fixer les objectifs sans consulter ceux qui devront les atteindre, c’est se priver de l’intelligence collective. Un manager silencieux crée de la distance, alors qu’échanger nourrit la confiance et l’engagement.
4) Rester figé, ne jamais marquer sa patte : Prendre ses fonctions sans jamais oser proposer, tester, ou revisiter les modes de fonctionnement. Ne jamais encourager l’innovation, c’est naviguer à vue et passer à côté de progrès concrets.
5) Nier les talents individuels : Imposer des méthodes au lieu de reconnaître les compétences et la diversité des profils. Le management, c’est aussi savoir s’appuyer sur la richesse de son équipe plutôt que de tout uniformiser à travers une expertise unique.
6) S’enfermer dans les routines : Se reposer sur des habitudes, refuser d’explorer d’autres façons de faire, c’est risquer de scléroser toute l’équipe. L’innovation ne naît jamais dans l’immobilisme.
7) Abandonner son équipe quand ça coince : Face aux difficultés, certains managers se désolidarisent, laissent l’équipe seule face à la direction, voire s’empressent de pointer du doigt les responsables. Défendre son équipe, c’est aussi assumer les tempêtes.
8) S’approprier tous les mérites : Oublier de saluer le travail accompli, ne jamais remercier, ou s’attribuer les réussites du collectif, c’est miner l’engagement et l’envie de se dépasser. Reconnaître la réussite de l’équipe, c’est aussi renforcer sa cohésion.
9) Gérer tout le monde de la même façon : Parler à l’équipe comme à un bloc uniforme, sans prendre en compte les personnalités, les besoins et les motivations. Un bon manager sait reconnaître et utiliser les différences comme leviers de performance.
Les 4 fondamentaux à cultiver pour prendre son poste de manager avec impact
Pour Catherine Bertin, réussir sa prise de fonction, c’est surtout respecter quatre étapes clés :
Première étape : observer. Prendre le temps de s’imprégner de l’équipe, d’écouter vraiment, d’échanger sans a priori. C’est dans ce moment d’ouverture que naissent souvent les meilleures idées.
Deuxième étape : initier le changement. Questionner, proposer des orientations nouvelles, prendre des décisions structurantes, puis bâtir des plans d’action concrets. Le changement n’a de valeur que s’il s’appuie sur une vision claire et partagée.
Troisième étape : ancrer les transformations. Accompagner les évolutions, mesurer ce qui fonctionne, ajuster le tir si besoin. L’ancrage passe aussi par le suivi et la régularité, pour ne pas perdre l’élan du départ.
Quatrième étape : valoriser. Saluer les efforts, célébrer les premiers résultats, encourager le collectif. C’est ainsi que l’équipe prend confiance et gagne en autonomie. « Un bon décollage managérial aide à atteindre une vitesse de croisière optimale », souligne la consultante.
Pour celles et ceux qui souhaitent s’approprier les leviers d’un management réussi, voici quelques pistes à ne pas négliger :
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La réussite managériale ne tient pas à un trait de caractère ni à une recette toute faite. Elle s’écrit au fil des choix, des erreurs assumées et des relais de confiance tissés au quotidien. Reste à chacun de trouver son tempo et d’oser, pas à pas, un style qui lui ressemble.

